Points forts
• La prise en charge de la personne séropositive doit être globale, intégrant des aspects médicaux et thérapeutiques, psychologiques, préventifs et sociaux.
• Avec le vieillissement, la prévalence des troubles cardio-vasculaires, neurocognitifs, métaboliques et osseux ainsi que des cancers augmente.
• Le suivi médical d’un patient bénéficiant d’un traitement antirétroviral efficace peut être complexe et nécessiter l’implication d’une équipe hospitalière spécialisée et une coordination étroite avec le médecin de ville.
• L’éducation thérapeutique est essentielle dans la prise en charge des patients infectés par le VIH.
• L’observance est l’un des éléments essentiels du succès thérapeutique. Les symptômes perçus et attribués au traitement par le patient, d’une part, la dépression, d’autre part, comptent parmi les facteurs majeurs influant négativement sur l’observance.
• Les données épidémiologiques et comportementales récentes témoignent d’un besoin de prise en compte de la qualité de vie affective et sexuelle.
Le groupe d’experts recommande (A) :
– de réaliser une synthèse hospitalière au moins annuelle, faisant le point sur l’infection par le VIH, son traitement, ses complications, les comorbidités ;
– d’être particulièrement attentif au dépistage et à la prise en charge des troubles cardio-vasculaires, neuro-cognitifs, métaboliques et osseux chez les patients ayant plus de 50 ans et/ou des antécédents d’immunodépression sévère (nadir CD4 < 200/mm3) ;
– d’organiser des consultations spécifiquement dédiées à l’éducation thérapeutique au sein des établissements ou réseaux de santé ;
– de proposer un sevrage tabagique en tenant compte de la motivation et des comorbidités associées, en s’aidant des consultations spécialisées de tabacologie ;
– de réaliser un dépistage annuel de la syphilis et de l’infection par le VHC et le VHB en l’absence de vaccination chez les homosexuels masculins ne se protégeant pas systématiquement ;
– de réaliser un suivi annuel gynécologique chez la femme ;
– de réaliser un examen proctologique annuel chez les hommes ayant des rapports sexuels anaux, et chez tout patient ayant un antécédent de condylomes ano-génitaux ;
– de s’assurer de la diffusion chez les patients de l’information sur le traitement postexposition à un risque viral ;
– de proposer systématiquement un dépistage aux partenaires sexuels des personnes infectées par le VIH ;de délivrer, de façon individualisée, aux patients qui n’utilisent pas le préservatif de façon systématique des messages de prévention ciblant l’importance du contrôle de la charge virale ;
– d’envisager systématiquement les rappels de vaccinations du calendrier vaccinal, certaines vaccinations spécifiques (pneumocoque, grippe, hépatite B) et les vaccinations destinées aux voyageurs, le cas échéant ;
– pour les patients nécessitant l’institution d’un traitement antirétroviral, d’attendre pour vacciner l’obtention d’une charge virale indétectable et si possible une remontée des CD4 à plus de 200/mm3 ;
– d’envisager les vaccins vivants atténués uniquement chez les patients ayant des CD4 supérieurs à 200/mm3.