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Prises de position

HAS – Stratégie vaccinale contre la Covid-19 – Contribution du TRT-5 CHV

publié le 01.12.2020

Le TRT-5 CHV a contribué à la consultation publique ouverte par la HAS sur la stratégie vaccinale contre la Covid-19.

La HAS a élaboré un projet de recommandations intermédiaires sur la stratégie vaccinale qui sera adoptée. Elle propose par anticipation un cadre de référence qui permettra, le moment venu, de définir les modalités de mise en œuvre de la future campagne de vaccination et leurs déclinaisons opérationnelles.

Retrouvez ci-dessous la contribution du collectif.

Avis sur le projet de recommandations dans son ensemble ?

Si l’on doit tirer des enseignements de la lutte contre le VIH/Sida et les hépatites virales, quelques principes pourraient s’avérer utile :

  • L’expérience montre que le recours à la pénalisation ou aux mesures coercitives est contre-productif : ils éloignent du soin et de la prévention les publics les plus vulnérables, qui préfèrent se cacher que de se soumettre à d’éventuelles sanctions.
  • Une stratégie de prévention efficace se veut diversifiée, mettant à disposition un éventail d’outils adaptés aux usages des différents publics ciblés, allant d’outils de protection mécanique à des solutions médicamenteuses en passant par le dépistage. Ainsi la vaccination se doit d’être l’un de ces outils mais la lutte contre l’épidémie COVID-19 ne peut pas reposer uniquement sur celle-ci.

Avis sur la partie 2 : Favoriser l’adhésion du public et de tous les acteurs (pages 4 à 6)

Respecter un principe de transparence pour favoriser la confiance -> Cet aspect nous parait fondamental, notamment sur les données des essais cliniques. La société civile doit pouvoir accéder à l’intégralité des données des essais, aussi bien en termes de design et protocole que de résultats. Il serait dommageable que les producteurs invoquent le secret industriel pour ne pas communiquer certains éléments. Cela ne ferait que renforcer les représentations et suspicions autour de l’industrie pharmaceutique. Il appartient à l’autorité publique d’établir dès à présent des règles claires de transparence, notamment dans le cadre des échanges actuels autour de l’allocation de fonds publics pour le développement de ces vaccins ou bien dans le cadre des négociations et précommandes, à l’échelle nationale ou européenne. De même, les discussions au niveau européen et les conséquences pour les différents pays de l’UE doivent être clairement exposées

Susciter l’engagement de la population et déployer une communication spécifique -> Nous regrettons le peu d’éléments consacrés dans le document à la vaccinovigilance, notamment dans la communication prévue, alors que celle-ci est un enjeu essentiel de la stratégie de vaccination à venir : l’assurance d’absence d’effet indésirable à court et long terme jouera un rôle majeur dans l’adhésion de la population à la vaccination.

Cependant, des incertitudes ne manqueront pas d’exister à la mise à disposition de vaccins qui ne bénéficient pas du recul habituel d’un développement sur plusieurs années. Cette assurance ne pourra donc être obtenue au moment des premières campagnes de vaccination en raison de la précipitation avec laquelle les premiers essais vaccinaux ont été menés. Mais aussi du fait que les vaccins ARN proposés sont les premiers utilisant cette technologie. Il conviendra d’être transparent sur la possibilité des risques et sur la nature de ces risques. Les minimiser ou les passer sous silence ne ferait que renforcer une méfiance déjà existante dans la population générale.

Ne pas instaurer une obligation de vaccination -> Nous soutenons cette position.

Avis sur la partie 3 : Le plan d’organisation devra être pragmatique et flexible (pages 6 à 9)

Tenir compte des contraintes multiples dans le choix des modalités de vaccination -> Une stratégie de vaccination qui ciblerait en priorité les personnes en fonction de leur rôle dans la société (« les professionnels assurant le maintien d’activités essentielles au fonctionnement du pays ») pose question Tout d’abord, dans un contexte où la production ne permettrait peut-être pas la vaccination de l’ensemble des publics prioritaires tels qu’ils sont définis aujourd’hui, il nous parait indispensable de conserver chaque dose pour les personnes les plus vulnérables au regard de la contamination ou du risque de développer des formes graves. L’idée de favoriser l’accès à la vaccination pour une population non en fonction de sa vulnérabilité face au virus, mais en fonction de leur sa profession et son « utilité sociale » nous parait discutable d’un point de vue éthique. Rien aujourd’hui, en l’état actuel des connaissances sur les conséquences du COVID-19, ne justifierait une telle mesure.

Nous profitons de cette contribution pour souligner qu’un travail doit être mené sur la définition de la vulnérabilité et in fine des publics prioritaires. Les recommandations du HCSP se fondent des critères médicaux, mais ne prennent pas en compte des aspects sociaux ou territoriaux, alors qu’il a été démontré de fortes inégalités face à l’épidémie en fonction du lieu de vie, du niveau de vie ou de l’appartenance ethnique (rapport DREES)

Enfin, si la vaccination doit être accessible aux plus fragiles, il faut que ce paramètre soit pris en compte dès à présent dans le développement des candidats vaccins. Le TRT-5 CHV insiste pour que soit inclues dans les essais les personnes à risques de développer une forme grave de la maladie, dont les personnes qui vivent avec le VIH et/ou une hépatite font partie. C’est un prérequis indispensable pour qu’elles puissent bénéficier en toute sécurité de la vaccination contre le SARS-CoV-2.

Multiplier les possibilités d’accès à la vaccination en diversifiant le profil des vaccinateurs -> S’appuyer sur le savoir-faire des acteurs associatifs et communautaires en santé pour :

  • Informer sur la vaccination
  • Faciliter l’accès à la vaccination

L’expérience des acteurs associatifs a montré tout l’intérêt des démarches d’aller pour amener les plus éloignés du soin vers une prise en charge adaptée. Pour ce faire, le vaccin devra être disponible en ambulatoire tout en suivant les modes de stockage et conservation (médecine de ville, pharmacie, centre de vaccination, centres médico-sociaux, etc.), avec un accès simple, gratuit et immédiat, mais également faire l’objet de campagne de vaccination dans les lieux de vie et de fréquentation des publics cibles.

Avis sur la partie 4 : Informer tous les acteurs impliqués et se donner les moyens de piloter la campagne (pages 9 à 11)

Transmettre une information claire et individualisée au public ciblé par les recommandations -> s’appuyer sur les acteurs communautaires et leur expertise en matière d’éducation à la santé, notamment pour accompagner et communiquer auprès de leur public. Eviter autant que faire se peut les effets d’annonce et les interventions contradictoires ou anxiogènes

Mettre en place un suivi à toutes les étapes de la campagne pour permettre son pilotage -> des représentants d’usagers devront faire partie du comité de pilotage.

Mettre en place une vaccinovigilance renforcée -> Etant donné le fait que les vaccins utilisés seront récents, ils devront faire l’objet d’une vigilance accrue tout comme l’ensemble des personnes vaccinées. La lutte contre la sous-notification des effets indésirables est déjà un enjeu actuel. Les outils actuels n’étant pas suffisamment utilisés ou performants, il faudra donc avoir recours à des dispositifs innovants. Nous engageons les autorités de santé à mettre ne place une réflexion sur le sujet dès à présent pour que ces nouveaux dispositifs soient prêts dès les premières vaccinations COVID.

A noter également que ces dispositifs devront être mis en place dans la durée pour récolter les données sur plusieurs années.

Etant donné les délais de développement des vaccins, il sera également fondamental de mettre en place un suivi accru des données « en vie réelle », non seulement sur pour mettre en évidence de potentiels effets indésirables mais également pour mesure l’efficacité la bonne tolérance et l’innocuité de ces vaccins.

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