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Prises de position

Projet d’essai ICCARRE : un intérêt et des questions

publié le 16.01.2012

Il est beaucoup question, ces derniers mois, de la préparation d’un essai clinique intitulé ICCARRE, sur lequel travaille une équipe de cliniciens-chercheurs de l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches emmenée par Jacques Leibowitch. L’essai ICCARRE viserait à évaluer l’efficacité d’une stratégie de traitement “4 jours sur 7”. TRT-5 a manifesté son intérêt pour que cette stratégie soit évaluée et suit les étapes de son élaboration.

La possibilité de traitements « intermittents » ou « interrompus » ne figure plus à l’agenda de la recherche ou de la prise en charge du VIH depuis l’échec de plusieurs essais thérapeutiques qui visaient à évaluer de telles stratégies. Pourtant, ces stratégies pourraient revêtir un intérêt pour les personnes, parmi lesquelles une moindre lourdeur dans la vie quotidienne et une meilleure tolérance à long terme. L’essai ICCARRE vise à démontrer que des traitements antirétroviraux pris 4 jours sur 7 alors que la charge virale est déjà indétectable sont aussi efficaces à maintenir une charge virale contrôlée qu’un régime de 7 jours sur 7. Le premier objectif d’un traitement antirétroviral est de rendre le VIH indétectable dans le sang (moins de 50 copies de virus par ml de sang). C’est pour cela que, quand un traitement antirétroviral est débuté, les médecins cherchent à “taper fort” sur le virus afin d’obtenir rapidement l’indétectabilité – c’est ce qu’on pourrait appeler “phase d’attaque”. Cependant, l’équipe de Garches estime, avec d’autres scientifiques dans le monde, qu’il est possible, une fois que la charge virale a été rendue indétectable, de passer à un régime de traitement allégé – ce qu’on pourrait appeler “phase de suivi” ou “de maintenance”. C’est à cette hypothèse que l’équipe de Garches voudrait apporter une réponse à travers l’essai ICCARRE : proposer à des personnes dont le virus est déjà contrôlé de ne prendre de traitement que 4 jours sur 7. L’hypothèse de l’essai repose sur les données produites à l’hôpital Raymond-Poincaré dans le traitement de 48 personnes séropositives. Elles ont été publiées au début de l’année 2010. A ce jour, on ne peut affirmer que cette stratégie thérapeutique est efficace. En l’absence de résultats de recherche aboutis, il n’est pas possible de recommander l’allégement de traitement. Parmi les enjeux majeurs de l’essai ICCARRE figurent les conséquences de ses résultats s’il démontrait un bénéfice de la stratégie proposée. Il nous semble, de ce fait, essentiel que l’essai soit conçu de façon à assurer la meilleure prise en compte de ses résultats dans l’intérêt des personnes vivant avec le VIH. Echanges entre l’équipe du projet et le groupe interassociatif TRT-5

A la demande de l’équipe du projet ICCARRE, deux réunions d’échanges se sont tenues au cours de l’année 2011 avec les membres du groupe interassociatif TRT-5. De nombreux enjeux de l’essai ont suscité des questions de notre part. Pour nourrir les échanges qui vont se poursuivre avec l’équipe du projet, TRT-5 a adressé au groupe de chercheurs le courrier que vous trouverez en annexe à cette page. De premières réponses nous ont été apportées, qui figurent également en annexe. Elles devront être complétées lors d’une nouvelle réunion de travail qui doit se tenir dans les prochaines semaines. Pour approfondir le sujet, vous pouvez consulter :

le dossier publié à l’été 2011 par l’association AIDES sur le site seronet ; – l’article publié par Sida Info Service sur cette perspective ; – l’interview accordée par Jacques Leibowitch à France Inter en novembre 2011 ; – le nouveau dossier “Projet ICCARRE d’allégement du traitement VIH : la polémique en débat” publié en février 2012 par l’association AIDES sur le site seronet, accompagné de l’avis de cinq médecins spécialistes du traitement du VIH : Gilles Pialoux (Hôpital Tenon, Paris), Christine Katlama (Hôpital de la Pitié Salpétrière, Paris), Alexandra Calmy (Hôpital de Genève), Yazdan Yazdanpanah (Hôpital Bichat, Paris) et Eric Billaud (Hôpital de Nantes).

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