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Prises de position

Recherche sur le VIH/sida : soyons vigilants sur l’autonomie et le financement de l’ANRS !

publié le 29.11.2011

Le gouvernement a annoncé que, une fois de plus, il n’allouerait pas à l’Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS) le montant de sa « réserve budgétaire » de l’exercice 2011, soit 5 % de ses ressources annuelles. Alors que les perspectives nouvelles dans le traitement du VIH et celles d’un contrôle de l’épidémie appellent un fort investissement dans la recherche et que l’ANRS prendra bientôt place dans l’Inserm, le groupe interassociatif TRT5 tient à rappeler la nécessité de conserver un caractère prioritaire à ce domaine de recherches et de préserver l’autonomie et les moyens financiers de l’Agence.

Le 31 décembre prochain, après plus de 20 ans d’existence, l’ANRS cessera d’exister sous la forme d’un Groupement d’Intérêt Public (GIP) pour devenir une agence au sein de l’Inserm. Cette évolution est l’occasion pour TRT5 d’appeler à la vigilance sur la pérennité de ce qui a fait le succès scientifique et politique de l’ANRS depuis sa création.

Ce succès de l’ANRS est notamment évalué sur la base des publications scientifiques auxquelles donnent lieu les projets de recherche financés. Lors des dernières années, l’ANRS se situe, respectivement pour le VIH/sida et les hépatites virales, aux 2ème et 3ème rangs mondiaux.

Vigilance sur les modalités de fonctionnement
TRT-5 a été associé à toutes les étapes de cette transformation et a fait valoir les priorités suivantes :
– multidisciplinarité dans l’approche des projets de recherche, qui fait la force de la recherche française en matière de VIH/sida ;
– transparence, adéquation avec les besoins des personnes atteintes et participation des associations de patients ;
– engagement de la recherche en faveur de l’accès aux traitements dans les pays en développement ;
– autonomie de la politique scientifique de l’ANRS, ainsi que de sa gestion budgétaire.

Vigilance sur les moyens
Les ressources de l’ANRS sont soumises chaque année, au même titre que celles d’autres institutions publiques, à une « réserve budgétaire » portant sur 5 à 6 % de ces ressources. En 2011 cette réserve correspond à environ 2 millions sur les 38 alloués par l’Etat. TRT5 conteste l’existence même de cette disposition qui constitue une forme d’insécurité préjudiciable à la conduite sereine des stratégies de recherche. Cette mise en réserve n’étant jamais levée elle est, de fait, une baisse structurelle du financement réel de l’Agence. Dans le contexte actuel de l’épidémie de VIH/sida, TRT5 ne peut imaginer que ces crédits ne soient pas versés au budget de l’Agence.

Engagée sur un grand nombre de projets, l’ANRS fait face à des besoins liés à son investissement dans des champs innovants de la recherche : vaccins contre le VIH et le VHC, sciences sociales et santé publique, dépistage, prévention notamment.

Le budget de l’ANRS est en baisse depuis 2007, notamment du fait du désengagement du ministère des Affaires étrangères et alors que les recherches dans les pays en développement représentent plus du quart de son budget et sont une condition essentielle pour enrayer l’épidémie. En 2010, l’ANRS estimait déjà qu’elle avait besoin de 4 millions d’euros supplémentaires pour maintenir le niveau de ses engagements financiers et poursuivre son implication dans des champs de recherche innovants. Elle demandait que le Ministère de la Recherche accroisse, en 2011, sa dotation à cette hauteur. Du fait de la réserve budgétaire, ce sont, en réalité, 2 millions d’euros qui lui sont retirés en 2011 !

L’ANRS doit bénéficier de l’intégralité des ressources budgétaires prévues à chaque exercice, faute de quoi elle ne pourra financer certains projets dont l’évaluation est positive et l’importance scientifique et en termes de santé publique ne fait aucun doute !

Sur les modalités de fonctionnement, les demandes de TRT5 ont été entendues. En particulier, la représentation des associations de malades sera désormais formellement assurée au sein des Conseil d’Orientation et Comité scientifique de la nouvelle ANRS (jusqu’alors, elles ne disposaient que d’un statut de membres observateurs).

Le dispositif mis en place doit également donner à l’Agence les moyens de son autonomie scientifique et budgétaire.

TRT5 sera particulièrement vigilant à la mise en œuvre des intentions affichées par les ministères de la Recherche et de la Santé ainsi que par la Direction Générale de l’Inserm.

Il défend également la nécessité d’accroître les ressources de l’ANRS afin de maintenir un niveau et une qualité de recherches lui permettant de continuer à occuper une place de premier plan dans la recherche mondiale sur le VIH et les hépatites virales.

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