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Premier bilan de l’Observatoire du TRT-5 CHV sur les refus et renoncements au TPE

publié le 14.04.2026

Période juillet 2025 – février 2026

De juillet 2025 à fin février 2026, 19 signalements exploitables de difficultés d’accès au traitement post-exposition (TPE) ont été recensés via l’observatoire des refus et renoncements au TPE du TRT-5 CHV, accessible sur le site https://sexpoz.vihack.fr/

Disponible depuis plus de 25 ans, le TPE est méconnu et caractérisé par de nombreux freins d’accès. Lancé en juillet 2025, l’observatoire se propose d’objectiver les difficultés rencontrées par les premiers-ères concernés-es en vue de :

  • Alerter les instances de santé publique sur les dysfonctionnements d’accès et la nécessité d’améliorer le cadre de prescription et de dispensation du TPE ; 
  • Transmettre les signalements aux acteurs locaux (CORESS) pour impulser la diffusion de bonnes pratiques au sein des structures d’accueil.

Territoires et sites concernés

Les signalements concernent 12 départements différents, ce qui montre une diffusion géographique large des difficultés d’accès.

L’hôpital est de loin la structure de soin qui concentre le plus de situations (18), particulièrement les services des urgences, cités dans 16 signalements, le reste concernant des Centres gratuits d’information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD) hospitaliers.

Cela suggère que les structures spécialisées sont moins susceptibles d’être à l’origine d’expériences négatives et/ou peu utilisées pour accéder au TPE.

Typologie des obstacles les plus fréquents (question à choix multiple)

Dix ans après l’étude « Freins et leviers de la prise en charge du traitement post-exposition au VIH »[1] et plus de quatre ans après l’appel à témoignage que le TRT-5 CHV a mené en 2021, nous continuons d’observer aujourd’hui un délai de prise en charge, des attitudes jugeantes ou encore des méconnaissances du TPE par le personnel des centres hospitaliers.

Les signalements soulignent l’immobilisme des politiques de mise à disposition du TPE. L’inscription d’une action visant à « renforcer l’accessibilité au TPE » dans la Feuille de route de la Stratégie nationale de santé sexuelle 2021 n’a ni donné lieu à une diversification des sites de mise à disposition, ni fait disparaître les problèmes de refus et renoncement provenant des services d’urgence.

Ces situations révèlent d’un non-respect de l’instruction interministérielle du 25 février 2019 relative aux recommandations de prise en charge des accidents d’exposition au sang et aux liquides biologiques (AES) survenant dans un environnement professionnel et des accidents d’exposition sexuelle.

Celle-ci s’applique aux CeGIDD, services de maladies infectieuses et tropicales ou les structures des urgences. Elle stipule que :

  • Tous les efforts doivent être consentis pour réduire les délais entre l’accident d’exposition, l’évaluation du risque et la délivrance du TPE le cas échéant ;
  • Tous les personnels assurant l’accueil, sont tenus de faire preuve d’une écoute neutre et bienveillante. Si besoin, une formation adaptée peut être proposée.
  • Les services d’urgence disposent d’une dotation définie de kits thérapeutiques de démarrage à prescrire en l’absence d’un-e médecin spécialisé-e.
  • Il incombe aux structures de mettre en place des protocoles de prise en charge formalisés, actualisés selon les dernières recommandations d’experts et partagés au sein des structures.

Typologie des conséquences des refus et renoncements (question à choix multiples)

L’analyse de la typologie des conséquences des refus et renoncements aux TPE fait apparaître une perte de chance se traduisant par l’impossibilité d’accéder au TPE, l’initiation retardée du traitement ou la mise en échec de la prise complète du traitement.

Les signalements font aussi apparaître la charge que les dysfonctionnements font peser sur les personnes elles-mêmes, contraintes d’insister, d’expliquer ou de recourir à des associations pour aller au bout de leur parcours de soin.

Données qualitatives

Le questionnaire propose aux personnes de compléter leur signalement par un témoignage à transmettre à l’adresse coordination@trt-5.org. Les signalements et questionnaires peuvent être complétées par les personnes concernées ou des accompagnants-es.

Le TRT-5 CHV a reçu un témoignage faisant état d’une transphobie décomplexée dans un service des urgences.

Le personnel a publiquement humilié la personne sur son identité de genre, lui a fait miroiter un prix élevé au vu de sa situation administrative, a prétendu qu’elle n’y avait pas droit, pour finalement le lui refuser.

Avec le soutien d’une association, la personne a pourtant pu obtenir quatre comprimés, avant d’être laissée livrée à elle-même : « on lui a dit de se débrouiller pour le reste du traitement, de voir avec une association, vu qu’elle nous avait contactés-es, que ce n’était pas leur problème ».

La personne a dû prendre le train dans l’urgence, en direction d’une autre ville, pour compléter son parcours.

L’urgence d’autoriser la dispensation du TPE par les acteurs-trices de ville et les associations

Le rapport du groupe d’experts-es sur le suivi de VIH, missionné à échéance régulière par le ministère de la santé, préconise depuis 2017 un passage en ville et une dispensation associative du TPE.

Il en va de même pour la Feuille de route de la Stratégie nationale de santé sexuelle 2021-2024, qui se fixait comme objectif de renforcer l’accessibilité du TPE, en permettant sa dispensation par les médecins de premier recours et les pharmacies d’officine.

A l’heure où la Feuille de route est en cours d’actualisation, il est indispensable de réinscrire cette résolution, de l’élargir aux associations, et de mettre en œuvre les moyens nécessaires pour la concrétiser.

L’expérimentation de la dispensation de starter-kits communautaire (dispensation de cinq jours de traitement par une association dans l’attente d’un rendez-vous hospitalier), telle que prévue dans l’étude « ANRS TPE HLM » qui n’a pas pu voir le jour par manque d’autorisation d’un Comité de protection des personnes, doit pouvoir être menée.

Il est aussi nécessaire de mettre en place à l’échelle nationale un programme d’amélioration des pratiques relatives à la gestion des accidents d’exposition sexuelle dans les services d’urgences.


[1] Charpentier, N., Quatremère, G., Mabire, X., Roduit, S., Laguette, V., Spittler, D., … & Préau, M. (2016). Freins et leviers de la prise en charge du traitement post-exposition au VIH. Santé Publique28(6), 791-799.

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